Discrimination à l’embauche : le coup de gueule de Laurence, 53 ans, qui ne trouve pas d’emploi

0 3 semaines déjà
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Malgré une recherche d’emploi intense, Laurence Cohen Solal s’aperçoit qu’il est très difficile de trouver un job à 53 ans. Sur LinkedIn, sa situation a trouvé un écho inattendu.

Avec plus d’un million de vues et près de 2 000 commentaires, Laurence Cohen Solal ne s’attendait pas à avoir autant de réactions après son post publié sur le réseau social LinkedIn, spécialisé dans le recrutement et l’emploi.

Plus de 300 CV envoyés

Son coup de gueule – ou « billet d’humour », comme elle préfère l’appeler – s’adresse au monde professionnel et pointe la discrimination à l’embauche liée à l’âge.

À 53 ans, la Bordelaise est en quête d’un job suite à un licenciement économique. Depuis six mois, cette ancienne directrice marketing et communication enchaîne les réponses négatives malgré une recherche poussée, en témoignent « plus de 300 CV envoyés« .

« La discrimination liée à l’âge, ce n’est pas un sujet nouveau mais c’est un sujet tabou encore aujourd’hui. À 45-50 ans, on est toujours jeune et en bonne forme, mais on nous considère comme un senior. C’est aberrant ! », déplore la quinqua, qui reconnaît que la crise sanitaire avec l’épidémie de Covid-19 n’aide pas non plus ses desseins professionnels.

« Pour moi, l’Ehpad est au bout de la rue »

Dans son post, qu’elle a voulu écrire avec un ton « léger », elle annonce la couleur dès le départ : « Askip, je suis trop vieille ? » Voici un passage choisi :

Que je sois adepte de Fitness et de Rap US, que je sois sur Tik Tok ou active sur Insta, le verdict est sans appel : le marché de l’emploi considère que pour moi, l’Ehpad est au bout de la rue… Sauf que non. […] Avoir « de la bouteille », ne veut pas dire avoir un problème de boisson, ou encore avoir « les reins solides » n’implique pas avoir des douleurs lombaires.

De la « bouteille », justement, la quinquagénaire n’en manque pas avec 17 années d’expérience dans la communication à Paris (Ile-de-France), notamment pour des sociétés comme Sopra Steria.

Elle veut changer les codes

Et depuis 2011, elle est revenue à Bordeaux – où elle a obtenu son master en marketing international en 1993 – et a enchaîné cinq jobs. À chaque fois dans la communication, le commerce ou le marketing ; ses domaines de prédilection.

Avec mon post, c’est une façon de dire aux chefs d’entreprise : “Arrêtez de déconner avec la vieille histoire du senior à 50 ans. Changez vos codes, arrêtez les préjugés.” En France, on considère forcément qu’un salarié de plus de 40 ans ne sera plus dans l’ère du temps, sera moins malléable et plus cher.

Laurence Cohen Solal

Un coup de com’

Étonnée par la viralité de sa publication, elle imagine que son texte est révélateur d’une « vraie souffrance ». « Et ça suscite aussi l’intérêt des jeunes, car je suis le reflet de ce qui va leur arriver demain », ajoute Laurence Cohen Solal.

Mais la spécialiste en communication avait quand même une idée derrière la tête, en publiant son message. « Ce n’est pas anodin, reconnaît-elle, même si j’étais loin de m’imaginer que ça prenne un virage viral comme là. »

Je l’ai fait pour avoir de la visibilité. Dans mon domaine professionnel, c’est aussi un moyen de me vendre, de montrer ce que je sais faire. Et ça a marché… J’ai décroché trois entretiens en une semaine, contre un seul en six mois !

Laurence Cohen Solal

Lancer un mouvement sur les réseaux sociaux

Pour autant, elle n’a pas encore décroché de contrat. Vu comment les gens ont réagi à sa publication et face à ce problème de société, Laurence Cohen Solal aimerait lancer un mouvement dans la même veine que le body positive et viral comme le #metoo.

La demandeuse d’emploi veut remettre à la mode le « quinqua power ». « Askip », passé 50 ans, on a encore de l’énergie à revendre !

SOURCE

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