Raymond, 96 ans, cherche colocataire à Bordeaux

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Raymond, 96 ans, cherche un colocataire à Bordeaux : “Si je vais en maison de retraite, c’est la fin”

Depuis un siècle, Raymond Cassonnet habite dans la rue Eugène Jacquet, quartier Saint-Augustin, à Bordeaux (Gironde). Pour rester sur place, il a besoin d’une présence régulière.

Marcel Cassonnet, avec son fils Richard derrière lui, ne veut pas quitter sa maison du quartier Saint-Augustin à Bordeaux.
Marcel Cassonnet, avec son fils Richard derrière lui, ne veut pas quitter sa maison du quartier Saint-Augustin à Bordeaux. (©Actu Bordeaux – Nicolas Gosselin)

À 96 ans, il vit toujours dans sa maison de 70m2, qu’il a achetée en 1953, voisine du domicile familial où il est né et a grandi. Pour l’artisan peintre à la retraite, il est hors de question de partir. Encore moins vers un Ehpad.

« Je ne pourrais pas vivre sans jardin »

« Je ne pourrais pas vivre sans jardin », confie Marcel, alors qu’il profite du soleil pour manger sur sa terrasse. « Il meurt si on le met en maison de retraite », abonde son fils unique.

Pour éviter ce « mouroir » à son père, Richard Cassonnet a trouvé une solution : il propose une colocation sous forme d’échange.

C’est-à-dire qu’une chambre de 25m2 est mise à disposition gratuitement et en contrepartie, Marcel réclame une présence sept jours sur sept, pendant les repas et durant la nuit.

Un logement 100% payé

« Tout est pris en charge : l’eau, l’électricité, le gaz, les impôts fonciers… Je fais même un plein de courses une fois par semaine que je dépose à la maison », explique le fils.

Quand sa sœur aînée de 16 ans a été placée en Ehpad et que ses enfants lui ont fait vendre sa maison, mon père m’avait dit qu’il ne voulait pas connaître le même sort, que la maison était grande et qu’elle pourrait rendre service à quelqu’un.

Raymond Cassonnet ne rate jamais une occasion de blaguer.
Raymond Cassonnet ne rate jamais une occasion de blaguer. (©Actu Bordeaux)

Il y a trois ans donc, lorsque la femme de Marcel et mère de Richard est décédée, le fils s’est exécuté. Il a trouvé Patricia, une retraitée de 62 ans, qui a cohabité avec le nonagénaire pendant deux années.

Un ancien maquisard

Elle est repartie en début d’été, pour suivre ses enfants hors du département, mais l’expérience a été très positive. « C’était comme une sœur, si on peut dire, raconte Marcel. Elle me faisait à manger, elle s’occupait des poules, du jardin. On mangeait ensemble. On discutait de tout et de rien. »

« C’était peut-être plus une relation fille-père, rectifie Richard. Elle veillait sur lui. La nuit, il lui est arrivé d’appeler les secours parce que mon père faisait une petite alerte cardiaque. Aussi, elle lui tricotait des choses… »

Durant ces quelques vingt mois, une relation assez forte s’est nouée autour de « choses basiques », comme les animaux, le potager, le quotidien ou encore les histoires de Marcel, ancien maquisard durant la seconde guerre mondiale, qui s’est échappé du camp de travail où il avait été envoyé, dans les Sudètes, en Allemagne nazie.

La mémoire du quartier Saint-Augustin

Du passé, ou plutôt de l’Histoire, le grand plaisantin de 96 ans aime en parler. Pèle-mêle, il raconte une relation amoureuse interdite pendant la guerre, l’époque où il fallait payer un droit de passager pour passer de Mérignac à Bordeaux, à quelques hectomètres de là où il habite actuellement, au niveau des boulevards : « il y avait les pèle-gigots », dit-il goguenard.

Ou encore l’époque où « la verrue du CHU de Bordeaux » n’avait pas transformé son quartier en « un cul de sac », où la route de bitume n’était qu’un chemin de pierre, où des blanchisseuses habitaient dans le quartier car elles lavaient le linge dans une rivière qui a disparu sous terre depuis.

Bref, il rembobine l’époque où le quartier Saint-Augustin était encore la campagne avec son ambiance de village et sa fête foraine. « Ça a bien changé », regrette-t-il, sans tomber dans la nostalgie pour autant.

« La compagnie comme une richesse »

Car Marcel n’est pas que la mémoire du quartier. Il a gardé la forme et ses habitudes. Tous les matins où il y a un tiercé, il enfourche son tricycle à 10 heures et roule jusqu’à son bar PMU fétiche à quelques kilomètres pour boire le café et parier sur les chevaux, avant de rentrer pour le déjeuner à 13 heures.

Raymond Cassonnet a l'habitude d'aller à son bar PMU en tricycle pour jouer au tiercé.
Raymond Cassonnet a l’habitude d’aller à son bar PMU en tricycle pour jouer au tiercé. (©Actu Bordeaux)

Ce qu’il recherche, ce n’est ni une aide médicale, ni une aide ménagère – il en a qui passent à son domicile – mais une personne pour partager son quotidien et l’aider si besoin. Veiller sur lui, en somme.

« La compagnie est plus importante que la richesse », insiste Marcel. Richard s’attache donc à lui trouver le bon profil. Plutôt un ou une retraitée. « Plutôt une femme », réclame avec un sourire son père.

Une retraitée recherchée en priorité

« On verra », répond le fils, qui ne manque pas de candidatures. Mais pas forcément les bonnes. « Évidemment, vu le marché immobilier à Bordeaux, il y a de la demande, développe-t-il. Sauf que c’est compliqué de trouver le bon profil. »

Par exemple, beaucoup de jeunes m’appellent. Ils me disent que ce sera comme partagé une maison avec leur grand-père mais un ou une étudiante n’a pas le même rythme de vie. Quand on est jeune, on a envie de sortir. L’été, on part en vacances. Moi, il me faut quelqu’un qui soit avec lui la nuit.

Richard Cassonnet cherche donc une deuxième Patricia, une retraitée entre 60 et 70 ans. « Elle vivait en HLM, ça a été un rayon de soleil pour elle d’habiter dans une maison avec jardin », argue-t-il.

Un bon plan financier

« Puis, pour une personne qui n’a pas de gros moyens, c’est idéal, enchaîne-t-il. En deux ans, elle a pu mettre plusieurs milliers d’euros de côté. Ce n’est pas négligeable. »

« Ici, on est bien », sourit Marcel, assis sur sa terrasse, à côté de l’enclos aux poules et du potager. Difficile de ne pas le croire, depuis près de 100 ans qu’il habite ici…

Richard Cassonnet a posté un annonce sur Facebook, sur le groupe Wanted Community Bordeaux. 

Vous êtes intéressé(e) ? Contactez Richard Cassonnet au 06 03 49 87 94.

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